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Le MIT, politique de recherche et de transfert de technologie

Comme nous le disions précédemment dans l’article sur la Mission pour la Science et la Technologie de l’Ambassade de France aux Etats-Unis, il existe à Boston un « écosystème » économique et technologique, centré sur le MIT (Massachussetts Institute of Technology).

Lors de la deuxième conférence du voyage, nous avons rencontrés Christopher Noble du MIT Technology Licensing Office qui est responsable du transfert des technologies dans le domaine des énergies renouvelables.
Après une introduction rapide sur le MIT, nous nous intéresserons plus particulièrement aux politiques de recherche et de transfert de technologie du MIT, afin de comprendre le rôle important de cette institution dans l’ « écosystème » de Boston.

Le MIT dans les grandes lignes.

Le Massachusetts Institute of Technology (MIT) est une institution de recherche et une université américaine privée, située à Cambridge, Massachusetts, et fondée par William Barton Rogers en 1861. Depuis 2004, Susan Hockfield est le 16e président du MIT.

Quelques chiffres concernant la partie universitaire du MIT :
– 4 200 étudiants de premier cycle et 6 000 doctorants,
– 1 030 professeurs
– 150 000 alumni.

Le MIT est spécialisé dans l’enseignement scientifique et technologique. Cependant, de nombreux autres domaines sont représentés, tel que la biologie, les sciences cognitives, l’économie, la philosophie, la linguistique, les sciences politiques et la gestion.
L’enseignement est très tourné vers la recherche, bien entendu, mais aussi vers l’entrepreneuriat. Le MIT abrite un incubateur très important dont le but est d’aider les étudiants et les diplômés souhaitant se lancer dans l’aventure de la création d’entreprise.

Grâce à son réseau des anciens, le MIT bénéficie de points d’ancrages dans le monde entier, ce qui lui assure une notoriété et un réseau professionnel parmi les plus importants du monde.
Le MIT peut se prévaloir d’une cinquantaine de Prix Nobel, que se soit parmi leurs membres actuels ou leurs anciens élèves.
Le dernier en date est Oliver E. Williamson, diplômé de 1955, qui a reçu en octobre dernier le Prix Nobel d’économie.

La politique de recherche du MIT.

La recherche est donc un élément fondamental au MIT : elle est obligatoire pour valider la thèse de doctorat. Les étudiants choisissent le département et le professeur avec qui ils veulent faire leurs recherches. Celui-ci, appelé « advisor » valide et pilote le sujet de thèse du candidat. Cela comporte presque toujours du travail de recherche dans le laboratoire de ce professeur, mais il y a aussi des sujets inter-disciplinaires. Le MIT encourage d’ailleurs ce type de sujet qui demandent de la part de l’étudiant un travail entre plusieurs laboratoires. Dans le domaine des NTIC, le laboratoire le plus connu est le Media Lab, laboratoire dans lequel nous n’avons pas eu le droit d’entrer cette année, mais qui a été visité lors de précédant voyage d’études de l’ISC Paris.
Sur le campus du MIT, outre les étudiants, 10 500 personnes y travaillent : chercheurs, professeurs/chercheurs et soutien administratif. Les dépenses annuelles de recherche du MIT sont parmi les plus importantes des universités américaines.

Les chercheurs du MIT réalisent de la recherche académique, subventionnée par l’Etat (en 2009, 14% des fonds émanaient du département de la Défense des Etats-Unis, 9% du département de l’Energie…) ou par des entreprises privées (20% des fonds en 2009). Ils ont la responsabilité de trouver eux-mêmes leur objet de recherche, ce qui les amènent bien souvent à connaître le débouché potentiel de leur recherche (vers quels secteurs, quelles entreprises…) avant même de commencer. Le MIT a fixé un règle éthique concernant le sponsoring privé (d’entreprises) : un chercheur ne peut pas accepter de fond de recherche d’une entreprise s’il est actionnaire dans celle-ci.
Dans les cas où, la recherche a été effectuée avec les ressources matérielles du MIT ou les fonds de recherche appliqués au MIT, la découverte, et donc le brevet qui en découle, appartienne au MIT. Le chercheur touche tout de même un tiers du revenu des licences des brevets dont il est l’inventeur.

La politique de transfert de technologie du MIT

Les chercheurs et les étudiants sont encouragés à se lancer dans des projets commercialisables. Ceci s’appelle du transfert de technologie. Il s’agit d’un processus de partage de compétences, de connaissances ou de technologies sortant d’une institution telle que le MIT. Le but est de pérenniser les développements scientifiques et technologiques en les commercialisant par l’intermédiaire d’entreprises ayant besoin de cela pour développer de nouveaux produits, services, matériaux ou encore processus.
Au MIT, cette politique de transfert est extrêmement vigoureuse et un département de 32 personnes est spécialement dédié à cela. Le MIT Technology Licensing Office est l’un des centres les plus actifs de transfert de technologies des Etats-Unis et du monde.
La mission du MIT Technology Licensing Office est d’accélérer la diffusion des résultats des chercheurs du MIT ainsi que leurs impacts sur la société par le biais de licences ou de royalties.

Le MIT TLO commercialise entre 30 et 60 licences par an et le chiffre d’affaire était de 75,7 millions de dollars en 2009.
Une entreprise qui signe un contrat de licence avec le MIT, a l’obligation de le commercialiser immédiatement. Ceci évite que les brevets du MIT soient déposés de manière défensive, comme c’est quelque fois le cas dans les centres de recherches privés.
Il existe toutefois un cas particulier dans cette politique, afin d’encourager l’innovation dans les startups. En effet, une startup qui a besoin d’un brevet ne peut pas négocier la licence ni le commercialiser sans fond. Or les capital-risqueurs ne veulent bien souvent pas investir dans une entreprise qui n’a pas de technologie particulière. Pour sortir de ce cercle infernal, le MIT accepte de donner une « option » de 6 mois à un an sur un brevet, le temps à l’entreprise de trouver le financement. A l’expiration du délai, si l’argent n’a pas été trouvé, le MIT TLO cherche une autre entreprise pour commercialiser le brevet.
Le plus souvent, le MIT TLO accorde des licences exclusives par secteur d’activité. Par exemple, une nouvelle technologie de verre peut être exploitée de manière exclusive par un constructeur automobile, mais aussi par un opticien ou encore un verrier industriel, chacun dans leur domaine respectif.

En ce moment, le brevet qui rapporte le plus de royalties au MIT concerne un système de codage de la transmission des télévisions HD. Un pourcentage est reversé au MIT pour chaque télévision fabriquée dans le monde avec cette technologie …

Ce type de centre de transfert de technologie est encore relativement peu développé aux Etats-Unis et dans le monde. Deux choses sont essentielles pour que cela fonctionne. D’une part, il faut beaucoup de temps pour voir les premiers bénéfices arriver. Et d’autre part, il faut qu’un écosystème économique favorable soit déjà bien mis en place pour favoriser l’émergence des centres de transfert de recherche.
Ces deux éléments sont justement réunis à Boston. Il y règne un esprit entrepreneurial intense depuis les années 1970, ce qui favorise le réseautage entre les « anciens » et les « nouveaux » qui bénéficient ainsi de nombreux conseils et d’aides grâce aux rencontres et autres colloques, très souvent organisés ici.
De plus, à Boston, il y a une demi-douzaine d’universités qui font de la recherche scientifique, en plus de plusieurs hôpitaux et autres centres de recherche. Il y a aussi de nombreuses entreprises en bonne santé souhaitant investir dans la recherche, des banques, des capital-risqueurs, des avocats … C’est tout ceci qui fait la force de Boston dans le domaine des nouvelles technologies, que ce soit en informatique, dans les biotechnologies ou dans d’autres domaines.

Parcours de Christopher Noble du MIT Technology Licensing Office.

Christopher Noble est l’un des 8 responsables de transfert de technologies du MIT TLO. Il est spécialisé dans la commercialisation de technologies utilisant des énergies renouvelables. Ce domaine est particulièrement encouragé et soutenu par le gouvernement des Etats-Unis, ce qui en fait l’un des domaines les plus importants du MIT.

Christopher Noble a grandi à Montréal, où il a obtenu un diplôme d’ingénieur électrique.
Après un début de carrière dans le secteur pétrolier, il a suivi les cours du MIT à Boston et en est sorti diplômé d’un MBA de management.
Il a ensuite travaillé à un poste marketing dans la société Analog Devices Inc qui fabrique des puces électroniques.
Douze ans après, Christopher Noble s’est lancé dans une nouvelle carrière dans le but de mettre en pratique l’expérience qu’il avait déjà acquise dans le domaine des fusions/acquisitions. Cela lui a permis de découvrir le monde des startups et des capital-risqueurs. Il a été engagé par une société qui produit des puces fonctionnant grâce au Bluetooth, pour lever des capitaux afin de se développer.
Lorsque la société est partie s’installer à Ottawa, Christopher Noble en a profité pour embrasser une nouvelle carrière : celle de consultant indépendant spécialisé dans les levées de fonds pour les startups.
Au bout de six ans, sensibilisé au réchauffement climatique et à la diminution des stocks des énergies fossiles, il a souhaité à nouveau changer de carrière pour contribuer au développement des énergies renouvelables. C’est en tant que tel qu’il travaille actuellement au MIT TLO.

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Pour connaitre la politique actuelle des Etats-Unis dans le domaine des énergies renouvelables, nous vous conseillons la lecture de ce rapport, réalisé et publié par l’Ambassade de France aux Etats-Unis :
Les énergies renouvelables aux Etats-Unis : politiques de soutien et tendances pour la recherche et le développement

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